Marché immobilier

Quel est le délai de préavis pour une location meublée ?

Allan
Allan
juillet 24, 2026 6 min
Proprietaire tenant un document contrat location meublée

Quitter un logement meublé ou y mettre fin en tant que propriétaire obéit à des règles précises encadrées par la loi ALUR. Le délai de préavis en location meublée varie selon qui donne congé, et son calcul repose sur une date bien précise qu’il vaut mieux maîtriser avant d’envoyer sa lettre.

Délai de préavis pour quitter une location meublée : 1 mois

Le locataire d’un bail meublé bénéficie d’un délai de préavis de 1 mois, quelle que soit la durée du contrat signé (bail d’un an ou bail étudiant de neuf mois). Ce point distingue nettement le bail meublé du bail vide, où le préavis standard atteint trois mois.

Ce congé locataire peut être donné à tout moment, sans attendre la date anniversaire du bail, et sans avoir à justifier d’un motif. Aucune clause du contrat ne peut allonger ce délai légal, même si le propriétaire tente de l’imposer par écrit. Le locataire reste redevable du loyer et des charges jusqu’à l’expiration du préavis, sauf si un nouveau locataire entre dans les lieux avant cette échéance avec l’accord du bailleur.

Comment calculer précisément la date de fin du préavis ?

Préavis location meublée en 4 étapes
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Point de départ du préavis

Le point de départ du préavis n’est pas la date d’envoi de la lettre, mais la date de réception par le propriétaire (ou par le locataire lorsque c’est ce dernier qui reçoit le congé). En cas de lettre recommandée avec AR, c’est donc la date de première présentation de l’accusé de réception qui compte, et non le jour où vous avez posté le courrier.

Exemple de calcul concret

Si le propriétaire reçoit la lettre de préavis le 10 février, le délai d’un mois s’écoule jusqu’au 10 mars à minuit. Le logement doit être libéré et les clés remises au plus tard à cette date. Si le départ intervient en cours de mois de préavis, le loyer reste dû dans sa totalité jusqu’à l’échéance, sauf accord contraire avec le bailleur permettant un loyer au prorata pour les derniers jours occupés.

Un tableau récapitulatif permet de visualiser rapidement les délais applicables selon la situation :

Type de bailPréavis locatairePréavis propriétaire
Bail meublé classique (1 an)1 mois3 mois
Bail étudiant (9 mois)1 moisNon renouvelable, pas de congé à donner
Bail mobilité1 moisFin automatique du contrat
Colocation meublée1 mois par colocataire3 mois

Comment notifier son congé au propriétaire ?

Enveloppe recommandée avec accusé de réception sur bureau

La notification du congé doit respecter un formalisme strict pour être opposable. Trois modes sont admis par la loi : la lettre recommandée avec AR, la remise en main propre contre récépissé ou émargement, et l’acte d’huissier (commissaire de justice). La lettre recommandée avec AR reste le mode le plus utilisé car elle offre une preuve fiable de la date de réception.

La lettre de préavis doit mentionner l’adresse du logement, la date souhaitée de départ, et être signée par le locataire. Un modèle de lettre de congé simple suffit généralement, sans besoin de justifier d’un motif particulier puisque la location meublée ne l’exige pas côté locataire.

Le bon réflexe avant d’envoyer sa lettre

Conservez une copie de votre lettre de préavis et l’accusé de réception jusqu’à la restitution du dépôt de garantie. En cas de litige sur la date de départ, ce document reste la seule preuve opposable du respect du délai légal.

Préavis du propriétaire en location meublée : 3 mois et motifs légaux

Le propriétaire, lui, doit respecter un préavis de 3 mois avant la fin du bail, et ne peut donner congé qu’à l’échéance du contrat, jamais en cours de location. Ce congé pour vente, congé pour reprise ou pour motif légitime et sérieux doit obligatoirement être justifié dans la lettre.

Le congé pour reprise concerne le cas où le propriétaire ou un proche souhaite habiter le logement. Le congé pour vente permet de récupérer le bien pour le céder libre d’occupant. Le motif sérieux et légitime vise notamment des manquements du locataire à ses obligations, comme des impayés répétés ou des troubles de voisinage avérés. Sans l’un de ces trois motifs, le congé du bailleur est nul et le bail se poursuit automatiquement.

Cas particuliers : bail étudiant, bail mobilité et colocation

Le bail étudiant, d’une durée de neuf mois non renouvelable tacitement, conserve un préavis locataire d’un mois identique au bail meublé classique. Le bail mobilité, réservé aux situations de formation, stage ou mission temporaire, fonctionne sur le même principe : un mois de préavis, sans motif à fournir, et sans possibilité de renouvellement au-delà de dix mois.

En colocation meublée, chaque colocataire dispose de son propre préavis d’un mois. Le départ d’un colocataire n’entraîne pas la résiliation du bail global : les autres occupants restent liés par le contrat, sauf clause de solidarité prévoyant des modalités spécifiques. La zone tendue n’a pas d’incidence sur la durée du préavis en meublé, contrairement à la location vide où elle réduit le préavis à un mois pour le locataire quel que soit le motif.

Conséquences du non-respect du préavis

Locataire remettant les cles au proprietaire avant terme

Ne pas respecter le délai de préavis expose le locataire au paiement du loyer et des charges jusqu’à la date normale d’expiration, même si les clés ont été rendues plus tôt. Côté propriétaire, un congé donné sans respecter les trois mois ou sans motif légitime est frappé de nullité, et le locataire peut rester dans les lieux jusqu’au terme suivant du bail.

En cas de désaccord persistant sur la date de fin de préavis ou sur la validité d’un congé, la commission départementale de conciliation ou le tribunal judiciaire peuvent être saisis. Mieux vaut néanmoins vérifier la date de réception de la lettre et respecter scrupuleusement le formalisme prévu par la loi ALUR pour éviter tout litige coûteux en temps et en argent.

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Écrit par

Allan

Rédactrice en chef
Journaliste spécialisée en immobilier et urbanisme régional, elle signe des enquêtes sur le marché héraultais, les politiques d'habitat et les enjeux territoriaux. Son approche privilégie le terrain et les données, loin des biais promotionnels. Elle collabore avec chercheurs et acteurs locaux pour éclairer les réalités de l'habitat contemporain.

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